mardi 27 octobre 2009

Simon Boudvin le tératologue. Partie 2.






La pièce est grande et lumineuse. Les couleurs apaisantes, le gris et les différents bois des meubles réconfortent du froid extérieur. C’est le rez-de-chaussée d’un ancien pavillon de banlieue réaménagé et partagé entre amis. Rien ne dépasse. Seule au centre, trône une vieille table de ferme, au bois usé et patiné, dont les pieds ont connu la terre battue, si bien qu’ils sont rongés et des cales plus claires lui donne sa stabilité. Simon parle doucement de son travail, assis à cette table.

Derrière moi un bureau rangé avec un fauteuil calé devant l’ordinateur. Le long du mur, trois ampoules couvertes de papier d’aluminium prennent l’air saugrenu de pièces de design « baroquifiantes », en totale opposition au calme serein de cette maison. Les ombres projetées dansent sur la paroi blanche en donnant naissance à d’autres étranges formes. Une caisse est debout près du bureau, rappelant que l’hôte des lieux est un artiste. Rien ne dépasse, tout est logique, rationnel, sans ostentation. Et l’on se dit que de ce calme contemporain aux racines modernistes assumées, naissent ces monstres. L’ordinateur est le réceptacle de ce travail dans l’environnement proche, celui de Paris et de sa banlieue, de balades dans ce contexte urbain en transformation où disparaissent les traces de l’industrie.

Je suis bien assis sur une des chaises disparates, les pieds au sol, sur cette chape de béton posée après avoir ouvert l’espace, détruit le sol et rassembler tout cela en gravats. Ces mêmes gravats qui ont fini sur un plafond d’espace d’exposition, renversant littéralement l’espace, nous laissant marcher la tête en bas. Une autre possibilité du monde. Une autre forme de « monstruosité » ?

Simon Boudvin vit et travaille en Ile-de-France. Il est diplômé de l’Ensba et de l’Ens-Paris-Malaquais ; il intervient comme enseignant à l’Ecole Spéciale d’Architecture et à l’Ecole nationale supérieure Paris-Malaquais.

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