lundi 25 mars 2013

Crispin Gurholt - Paris : Live Photo #23 - 28 mars 2013


Chers Amis,

À l'occasion de l'installation de l'artiste Crispin Gurholt

Paris : Live Photo #23

J'ai le plaisir de vous inviter le 28 mars

pour une visite guidée
à 19h au Cap Horn Bar, 8 rue de Birague, 75004

suivie d'une projection de ses vidéos et d'un verre
à 20h30 à l'Institut Suèdois, 11 rue Payenne, 75003.

Dear Friends,

At the occasion of the installation by the artist Crispin Gurholt

Paris : Live Photo #23

I'm pleased to invite you on March 28th

for a guided visit
at 7:00PM at Le Cap Horn Bar, 8 rue de Birague, 75004

and after for the artist's videos screening and a drink
at 8:30PM at the Swedish Institute, 11 rue Payenne, 75003

Plus d'informations sur l'installation et le travail de Crispin Gurholt / More information about the installation and work by Crispin Gurholt :
http://www.crispingurholtparis.blogspot.fr/

samedi 19 janvier 2013

À Madame Andrée Putman

Photo : ©Patricia Canino

























Madame,

C’était le dernier weekend de juin 1990. Ma mission était d’accompagner un groupe de moines tibétains venus bénir le nouveau capcMusée de Bordeaux. Vous veniez de signer pour la seconde fois l’aménagement intérieur du musée. Un matin de ce weekend de fêtes, Jean-Louis Froment découvrit un jeune chat gris, perdu sur les terrasses au milieu des deux Richard Long, l’un blanc, l’autre noir. Manifestement, ce chat (ré)incarnait l’esprit du lieu que vous aviez redessiné. Il vous l’offrit. À cette surprise, vous n’étiez que joie.

J’ai vécu dix ans dans vos espaces, au milieu de vos meubles – ceux réinterprétés de Robert Mallet Stevens comme ceux que vous aviez imaginés – bercé par cet éventail sans limite de gris. Ils étaient droits, orthogonaux, rigoureux, fonctionnels, et au milieu s’ouvrait une oasis de courbes, de bois et de sisal, de grillage à poules et de bâches plastiques blanches. La lumière y pénétrait de tous ses rayons et donnait à ces matériaux, nobles ou triviaux, la beauté d’un ailleurs tout autant que d’un mystère. C’est là que je venais rêver.

Andrée, je vous remercie pour tous ces voyages que vous nous avez offerts. Inutile de vous dire que nous sommes tous tristes de votre départ. Mais je vous souhaite bon chemin…

« Und ruh’ in einem stillen Gebiet »

Jean-Marc Avrilla

PS : cette photographie de l’atrium est le vis-à-vis du portrait de Harald Szeemann dans le livre capcMusée édité aux Éditions du Regard. Harald et vous étiez les deux âmes fondatrices des lieux.




















mardi 8 janvier 2013

Bonne année 2013

Je vous souhaite une très bonne année 2013! I wish you a very happy new year 2013! Ich wünsche Ihnen ein frohes neues Jahr 2013! Přeji vám hodně Šťastný Nový Rok 2013! Prajem vám veľa Šťastný Nový Rok 2013! 私は非常に幸せな新年2013年を望む!























Tomáš Vaněk, Particip n° 158, 2012, detail.
Galerie Die Aktualität des Schönen... Liberec, CZ.
Curator : Jan Stolín. ©Jean-Marc Avrilla

jeudi 8 novembre 2012

Résidence Praha-Paris / C'est un début !


C’est un début !

Exposition autour de la résidence de commissariat de Jean-Marc Avrilla

Nous pensons savoir ce qu’est une exposition : un ensemble d’objets dans un espace dont l’articulation produit une pensée. Une exposition est une forme de texte dont les objets sont des propositions qui par eux-mêmes ont un sens et qui, par leurs relations, développent un sens complémentaire ou en offrent un sens tout différent.

Mais comment – et non pas pourquoi – des objets peuvent s’articuler entre eux ? Là se situe le travail du commissaire. Le pourquoi est la question préalable qui définit le contexte. Le comment est le sens même de l’activité curatoriale qui implique des choix quant au mode d’échange à définir avec l’artiste, quant à la sélection des œuvres ou de l’approche du travail, quant à la mise en espace de ces choix afin de les rendre lisibles aux visiteurs/spectateurs.

Cette exposition tente de rendre compte de la résidence de commissariat de Jean-Marc Avrilla à Meetfactory, d’une durée de deux mois. Cette résidence a été pensée comme un travail exploratoire qui précède tout choix dans la définition d’un ou plusieurs projets d’exposition. Cette exposition tente de faire apparaître comment il a organisé cette recherche sur la scène artistique tchèque afin de pouvoir définir des projets et engager des choix. L’exposition par elle-même est paradoxale car au lieu de parler de ce qu’elle montre, elle tend à souligner les raisons qui amènent les objets, livres, photographies, etc. à se retrouver réunis dans leur différence et leur hétérogénéité.

C’est un début ! présente donc un travail de terrain et les « méthodes » utilisées pour faire émerger des idées et des projets d’exposition. Par un aspect, ce travail relève d’une méthodologie ethnographique : écoute, recueil de témoignages, partage de moments singuliers (rituels de vernissage, visite d’ateliers…), observation des œuvres et de leur contexte. Par un autre aspect, il apparaît comme une non-méthodologie basée sur l’échange avec l’artiste, laquelle est indispensable pour entrer dans son travail et comprendre sa pratique. De cette immersion plus ou moins profonde dépendra la forme générale de l’exposition : solo, thématique, de groupe, terminologie très vague qui masque en réalité une multitude de possibilités pour chaque cas ainsi que de nombreuses combinaisons.

Le commissaire n’est pas un artiste mais le passeur qui permet aux artistes de montrer leur travail au public dans un cadre qui lui conserve sa complexité initiale. Il agit sur un territoire qui ne se réduit pas à l’objet. Il doit rendre compte des processus mis en œuvre par les artistes, de leurs relations particulières aux contextes où naît et se déploie leur travail, décider de prendre en compte ou non l’Histoire, s’engager dans des formes narratives ou, à l’opposé, laisser l’œuvre dans toute sa nudité matérielle… Penser la manière de montrer un travail est pleinement une activité critique plongée dans la réalité des œuvres.

Pour répondre à l’invitation de l’Institut Français, Jean-Marc Avrilla n’a pas souhaité procéder à une sélection d’œuvres d’artistes qu’il a rencontrés, considérant qu’un tel projet était prématuré. Il a opté pour un projet qui témoigne du caractère singulier de son travail et de ses rencontres, en définissant un protocole très simple permettant à chaque artiste, curator ou critique de lui répondre. Chacun d’entre eux a été invité à lui adresser un objet, une photographie, un dessin, une phrase ou un court texte, comme résultant de leur entretien et comme point de départ pour un éventuel projet.

À cet ensemble de documents ou œuvres dont le commissaire ne maîtrise volontairement pas la sélection, s’ajoutent des titres d’ouvrages littéraires, artistiques ou sur tout autre sujet, demandés aux mêmes personnes comme conseil de lecture. Une telle requête apparaît souvent lors du travail entre le commissaire et les artistes, dans l’objectif de mieux cerner l’œuvre elle-même ou une question essentielle pour l’artiste. Mais elle permet aussi d’approcher avec plus de finesse la pensée des curators et des critiques.

Enfin, un ensemble de documents, catalogues d’exposition et imprimés de toute sorte recueillis par le commissaire pendant ces deux mois, est aussi présenté. De tels documents sont importants pour conserver la mémoire d’événements dont certains ne bénéficient pas de publication, et constituent la base même de la recherche curatoriale en devenant son archive.

Documents de travail rassemblés par le commissaire, documents et œuvres envoyés par les artistes, les curators et les critiques rencontrés, livres traitant de questions spécifiques, de littérature ou d’art, forment ainsi trois ensembles correspondant à trois approches développées parallèlement dans le cadre de cette exploration de la scène tchèque. C’est un début ! est ainsi le matériau brut de ce qui devrait arriver par la suite. Les expositions qui en sortiront ne seront réalisées qu’après une étape de filtrage, de décantation de toutes les informations emmagasinées lors de ce séjour pragois.

Ce que cette exposition tente finalement de montrer à travers cette mise à plat peu ordinaire de l’activité curatoriale, est la nécessité du temps : le temps qui permet au commissaire d’écouter les artistes, de converser avec eux, d’entrer dans leur travail, le temps qui permet d’explorer la scène dans son fonctionnement, dans sa structure, comme le temps qui doit permettre aux sujets d’émerger par la suite. La qualité du travail de commissariat doit répondre à la qualité du travail de l’artiste. Le travail de l’un et la recherche de l’autre apparaissent plus que jamais complémentaires.

Artistes et personnalités exposés : Matej Al-Ali, Bajota, Zbynek Baladran, Viktor Cech, Radovan Cerevka, Andras Csevalfay, Tomas Dzadon, Grzegorz Drozd, Jarmila Mitrikova & David Demjanovic, Vit Havranec, Radim Langer, Michal Moravcik, Tomas Moravec, Oldrich Morys, Jiri Skala, Jan Pfeiffer, Matej Smetana, Jiri Thyn, Tamas Szvet, Adam Vackar, Pavel Vancat, Tomas Vanek, Jaro Varga, Dusan Zahoransky.


vendredi 26 octobre 2012

C'est un début !


Avec/ with :
Matej Al-Ali, Bajota, Zbynek Baladran, Viktor Cech, Radovan Cerevka, Andras Csevalfay, Tomas Dzadon, Grzegorz Drozd, Jarmila Mitrikova & David Demjanovic, Vit Havranec, Radim Langer, Michal Moravcik, Tomas Moravec, Oldrich Morys, Jiri Skala, Jan Pfeiffer, Matej Smetana, Jiri Thyn, Tamas Szvet, Adam Vackar, Pavel Vancat, Tomas Vanek, Jaro Varga, Dusan Zahoransky…

mardi 16 octobre 2012

En soutien à Mounir Fatmi


Je n’ai pas la chance de connaître Mounir Fatmi mais je peux imaginer l’abattement qu’il a du ressentir en ce début d’octobre lorsque à Toulouse puis à l’Institut du Monde Arabe, deux de ses œuvres ont été retirées. Je voudrais lui dire mon soutien tout en essayant de comprendre ce qui a pu se passer.

Ces deux cas ne relèvent pas d’une même situation quand bien même l’un et l’autre, dans la manière dont ils se sont passés, me heurtent réellement.

Dans le cas de Toulouse, on peut comprendre la nécessité d’un appel au calme, d’un apaisement, et regretter que les responsables du Printemps de Septembre n’aient pas prie toute la mesure des risques et veiller avec l’artiste à ce que  l’œuvre soit présentée dans les meilleures conditions. On peut se demander comment une telle erreur de jugement a pu se produire quant aux garanties de mise en place de l’œuvre, mais il est toujours plus facile de commenter a posteriori et évidemment difficile d’imaginer a priori ce que furent les réactions de certains croyants. C’est une situation qui n’avait probablement pas été imaginée une seconde, et sans doute est-ce là une erreur que de penser que l’art puisse exister en parallèle du monde.

La censure de l’Institut du Monde Arabe me paraît être d’une autre dimension et révéler une situation probablement beaucoup plus grave. Sleep n’a pas été autocensurée. Cette vidéo a été censurée par les responsables de l’IMA.  Elle n’est pas censurée parce qu’elle porte atteinte à la religion musulmane mais parce qu’elle représente Salman Rushdie, auteur des Versets Sataniques. Il n’y a là nulle attaque contre la religion musulmane mais seulement la peur de blesser certains par la représentation d’un homme contre lequel a été lancée une fatwa par l’ayatollah Khomeini en 1989. Et je ne reviens pas sur l’histoire de cette fatwa qui continue d’être une blessure au visage de la liberté de pensée.

Cela soulève trois problèmes majeurs. Le premier est l’indépendance même de cette institution vis à vis de ses contributeurs : il ne faut pas être naïf pour comprendre le lien entre ce refus d’exposer cette œuvre et les subsides nécessaires au fonctionnement de cet établissement apportés par certains pays arabes. Le second est que les voix discordantes venant de la société arabe comme Mounir Fatmi ne sont pas autorisée, même en France : quel étrange paradoxe de voir éclore une pensée artistique libre issue du monde arabe et de continuer à ne vouloir entendre que l’unique voix officielle qu’on ne saurait dans la plupart des cas soupçonner de démocratie ! Le troisième et le plus grave est qu’un tel acte de censure revient à valider cette fatwa : comment une institution publique peut-elle se ranger derrière un principe d’inquisition religieuse ; en acceptant que la figure même de l’écrivain soit ainsi porteur d’un blasphème dont l’accusent certains clercs musulmans, cette institution se rend coupable de soutien aux menaces qui pèsent sur lui. Non seulement l’IMA déshonore ainsi la République dont elle est une instance culturelle, mais ne elle remplit pas sa mission qui est d’œuvrer au rapprochement des cultures occidentale et arabo-musulmane.

Sans doute les responsables de l’IMA ont du se dire qu’il était plus sage d’apaiser ainsi un climat de tensions. Mais ils sont tombés dans un piège dont il est difficile de sortir. Il ne s’agit pas seulement de la liberté d’expression, mais bien de la liberté de pensée. Or l’Histoire nous montre que tout recule en la matière ne présage rien de bon car il est toujours impossible de revenir en arrière. Ma voix pèse peu mais il me semble de mon devoir, de citoyen et d’acteur de la culture, de dire qu’une telle attitude de la part de responsables institutionnels n’est pas tolérable.